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La roue de la vie tibétaine

Intéressons-nous à la roue de la vie tibétaine, un schéma ou une peinture représentant la roue de la vie bouddhiste.

Deep Psychology Podcast
This is Deep Psychology Podcast with author and coach Ross Edwards
Psychology, meditation and self-observation for deeper self-knowledge, every Wednesday
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Il est important de noter qu’il n’existe pas une seule « Roue de la vie » : il existe en réalité de nombreuses représentations de cette roue, telle qu’elle est décrite dans le texte source original en sanskrit. Il en existe de nombreuses versions, notamment chinoises, tibétaines et indiennes.

Bien que les écoles du bouddhisme tibétain aient tendance à suivre les enseignements du Mahayana ou du Vajrayana, la « roue de la vie » relève essentiellement de la tradition Theravada. Elle illustre de manière hautement symbolique la conception bouddhiste classique de la mort et de la renaissance.

Il existe deux façons principales d’interpréter ce schéma : soit comme une représentation du cycle des multiples vies d’une conscience individuelle, soit comme la manière dont le samsara, le karma et la renaissance se déroulent instant après instant. Nous aborderons ces deux interprétations dans cet article.

La roue de la vie tibétaine : concepts fondamentaux

Remettons cette roue dans son contexte.

Son nom original en sanskrit est « Bhavacakra ». « Bhava » signifie « disposition », « état d’esprit » ou « processus de devenir », tandis que « cakra » signifie « cercle », « roue » ou « cycle », un terme également utilisé pour décrire les sept chakras, ou centres énergétiques, du corps subtil.

Il décrit le fonctionnement du karma, dont la racine sanskrite est « kri- », qui signifie « agir » ou « faire ». L’idée fondamentale du karma est que la cause et l’effet de nos actions sont étroitement liés : l’un implique l’autre. De même, l’existence et la non-existence s’impliquent mutuellement, tout comme la vie et la mort.

Ainsi, le Bhavacakra montre comment nous évoluons à travers divers cycles ou états en fonction de nos actions, de notre état d’esprit et de leurs conséquences : « ceci surgit et cela se produit ».

Voici un exemple typique, particulièrement saisissant et magnifique, de la Roue de la vie tibétaine. Je vous invite à y revenir au fur et à mesure que nous aborderons ses différents aspects.

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La roue de la vie tibétaine : partie extérieure

Nous commencerons par les figures et les scènes qui apparaissent sur le rebord de la roue ou à l’extérieur de celle-ci.

L’élément le plus frappant du Bhavacakra est la figure ressemblant à un démon ou à un diable qui tient la roue. Cette figure représente l’origine de la roue tout entière, la force qui la soutient, à savoir l’impermanence et le samsara.

Remarquez que le démon s’apprête à avaler le disque tout entier. D’un certain point de vue, cela illustre le fait que la mort peut survenir à tout moment ; d’un autre, que la mort et la renaissance se succèdent sans cesse, d’instant en instant.

Cette figure a certes une apparence effrayante, mais elle recèle une signification plus profonde : celle selon laquelle la mort et le changement constituent un facteur de libération. Une personne sage n’a pas peur du démon, car elle comprend le caractère inévitable et nécessaire de la mort et de l’impermanence.

On y trouve également des images de la lune et d’une figure archétypale. Celles-ci représentent la libération et l’illumination, qui constituent les objectifs fondamentaux de tous les enseignements bouddhistes. En suivant la voie bouddhiste vers l’illumination, nous nous libérons du cycle du samsara.

Le centre de la roue

Intéressons-nous maintenant à la roue elle-même, en commençant par la partie centrale.

Ici, vous pouvez voir un cochon, un serpent et un coq. Ceux-ci représentent respectivement les trois poisons que sont l’ignorance, l’aversion et le désir. Remarquez que le serpent et l’oiseau sortent de la bouche du cochon et lui saisissent la queue : le désir conduit à l’ignorance et à l’aversion, qui à leur tour ramènent au désir et perpétuent ainsi le cycle tout entier.

Ce motif est placé au centre de la roue pour montrer que tout le reste dépend des trois poisons.

La deuxième couche

Dans la couche qui entoure le centre de la Roue de la Vie, on trouve deux demi-cercles, qui représentent le karma positif et le karma négatif.

La moitié gauche, représentée en blanc dans notre exemple, illustre l’élévation que nous ressentons lorsque nous accumulons du karma positif. Elle symbolise le contentement, l’élévation et les états d’être supérieurs, qui découlent tous d’intentions bienveillantes et les renforcent. Plus nous en accumulons, plus nous nous élevons.

La moitié sombre, de couleur turquoise foncé dans notre exemple, représente la descente que nous subissons lorsque nous accumulons du karma négatif. Elle symbolise la souffrance, le déclin et les états de conscience négatifs, qui découlent tous d’intentions nuisibles et les renforcent. Plus nous en accumulons, plus nous nous dégradons.

La troisième couche

Passons maintenant à la troisième couche, qui constitue la partie la plus vaste de la roue et qui est divisée en six sections. Celles-ci représentent les six plans d’existence, dans lesquels nous renaissons sans cesse. Il existe en réalité 31 plans d’existence, mais ils sont regroupés en six catégories dans le Bhavacakra. Dans les versions non tibétaines, on trouve parfois cinq sections.

Les trois parties supérieures symbolisent les trois royaumes supérieurs, à savoir ceux des dieux, des demi-dieux et des humains. La moitié inférieure, quant à elle, représente les trois royaumes inférieurs, qui comprennent les animaux, les fantômes affamés et l’enfer.

Selon les écoles du Mahayana, nous renaissons dans un royaume spécifique à chaque vie en fonction du karma négatif que nous avons accumulé. Il est essentiel de noter que tous les royaumes ont une fin et ne sont pas éternels. « Tout ce qui monte doit redescendre » : nous parcourons sans cesse la succession des renaissances, vivant dans différents royaumes, jusqu’à ce que nous atteignions l’éveil et que nous nous libérions du samsara.

Encore une fois, vous pouvez interpréter cela au sens littéral, comme se déroulant sur une succession de vies, dont votre vie humaine actuelle n’est qu’une parmi d’autres. Vous pouvez également y voir une métaphore, décrivant le cours de notre vie telle qu’elle se déroule instant après instant. Nous alternons sans cesse entre différents états de conscience, ou royaumes, jusqu’à ce que nous sortions de ce royaume pour entrer dans celui du néant ou de l’être pur.

Une autre représentation du Bhavacakra, tirée du site anthrowiki.at

Le Cercle : les 12 maillons de la coproduction conditionnée

Passons maintenant au bord de la roue, où vous pouvez voir une série de 12 images représentant les 12 maillons de la coproduction conditionnée, ou les 12 étapes du karma en action.

Les images qui les symbolisent varient d’une roue à l’autre, mais le thème sous-jacent reste le même. Dans les deux schémas ci-dessus, le cycle commence à 7 heures.

Souvent, cette image représente un démon, symbole de l’ignorance. Puis, en suivant le sens des aiguilles d’une montre, on trouve un tour de potier (potentiel, élan créatif), un singe (conscience), un homme dans un bateau (combinaison du nom et de la forme), le corps d’un homme (sens), un couple d’amoureux (le contact), un homme avec une flèche dans l’œil (la douleur liée à la perception), une femme avec des jumeaux (le désir), un homme avec un panier (l’attachement), les dieux de la prospérité (la croissance), une femme en train d’accoucher (la naissance) et deux personnes âgées (la vieillesse). Cela nous ramène à l’ignorance.

Encore une fois, on peut considérer cela au sens littéral, c’est-à-dire comme un cycle de vie, ou bien comme une description du fonctionnement du processus karmique à chaque instant : comment notre expérience subjective d’être humain, avec notre sentiment d’identité, nos désirs, nos sens, etc., se construit instant après instant, et quelles en sont les conséquences.

La roue de la vie tibétaine : une vision d’ensemble

Je dois avouer que « La Roue de la Vie » me semble assez intimidante. C’est un schéma impressionnant, qui peut donner l’impression que la vie n’est qu’une immense roue de souffrance, ce qui semble terriblement négatif et décourageant.

En même temps, je me sens tout à fait en phase avec l’esprit de cette approche. Que vous soyez d’accord ou non avec la philosophie sous-jacente et tous ses détails, je suis sûr que vous conviendrez que la vie est fondamentalement un jeu de perpétuation : nous créons sans cesse, pour le meilleur ou pour le pire, et tout ce que nous créons a des effets tant intérieurs qu’extérieurs. Ce n’est qu’en nous libérant de ce jeu que nous cessons d’y être pris au piège.

Cela nous montre également comment notre attachement à la condition humaine nous enferme dans un jeu que nous ne pouvons pas gagner, un cycle sans fin qui trouve son origine dans notre ignorance de notre véritable être transhumain et transpersonnel.

Par ailleurs, le Bhavacakra constitue également une représentation magnifique et saisissante de ces idées profondes, ce qui lui vaut d’être vivement salué. Il n’est pas nécessaire de parcourir le canon bouddhiste pour découvrir les secrets de l’existence : un simple coup d’œil à cette œuvre imposante et somptueuse nous plonge au cœur même de l’énigme.

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