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La méditation Mahamudra : la route qui ne mène nulle part

Dans cet article, nous présentons une vue d’ensemble de ce qu’est le mahamudra, des étapes de la méditation mahamudra, ainsi que des similitudes et des différences entre cette approche et d’autres systèmes spirituels. À la fin de cet article, vous serez en mesure de mettre en pratique les principaux exercices qui, avec suffisamment d’assiduité, vous permettront d’acquérir une compréhension profonde de la véritable nature de votre esprit, comme c’est le cas pour toute pratique de méditation sérieuse.

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La pratique de la méditation Mahamudra trouve son origine dans le bouddhisme tibétain et relève de l’école Gelugpa, l’une des quatre écoles tibétaines. Son objectif est de faire passer les pratiquants de l’identification à l’esprit ordinaire, grossier et réflexif, propre au samsara, à l’identification au fondement de l’esprit, vide et dépourvu de soi.

Examinons de plus près la voie de la méditation Mahamudra avant d’aborder les pratiques elles-mêmes.

La voie de la méditation Mahamudra

Dans cette section, je citerai le lama Thubten Yeshe, tiré de son ouvrage *Mahamudra, comment découvrir notre vraie nature*.

Le terme « mahamudra » désigne « la réalité universelle du vide, de la non-dualité ». Il signifie « le Grand Sceau » et correspond à « la nature innée de tous les phénomènes. Elle existe de la même manière en toutes choses : organiques, inorganiques, permanentes, impermanentes, y compris tous les êtres… ».

La méditation mahamudra revient en fin de compte à cultiver l’expérience de l’esprit fondamental inné de la lumière claire. Notre objet de concentration est notre propre esprit et son aspect conventionnel, et notre but est de réaliser sa nature ultime, qui est la vacuité.

L’approche Madhyamaka consiste à analyser les cinq agrégats (skandhas) comme fondement de la personne ; dans la méditation Mahamudra, on se concentre sur la conscience, qui est un autre agrégat.

Dans la méditation Mahamudra, on développe la « demeure dans le calme », également appelée shamatha ou concentration, avant d’explorer la nature fondamentale du soi, par le biais de pratiques d’introspection. La « demeure dans le calme » ne signifie pas nécessairement se sentir calme ou bien. Il s’agit de la capacité à demeurer, à être présent à son expérience en pleine conscience.

Lama Yeshe insiste beaucoup sur l’importance du shamatha :

Pour parvenir à la réalisation du mahamudra, la réalité de la non-dualité, nous devons d’abord développer la « demeure sereine ».

Le samadhi est la source de la libération. Sans un samadhi parfait, il n’y a donc aucun moyen de se libérer du samsara ni d’atteindre l’illumination.

Cette pratique affine les niveaux subtils de la conscience et de l’esprit, ce qui nous permet ensuite de percevoir les niveaux inconscients de l’attachement. Lama Tsongkhapa affirme que la « demeure sereine » ne suffit pas à éliminer la vision dualiste. Nous avons besoin d’une vision pénétrante particulière (vipashyana en sanskrit ; lhagtong ou « vision supplémentaire » en tibétain).

Ainsi, la tranquillité de l’esprit / la concentration / le shamatha / le samadhi ET la vision pénétrante / le vipashyana sont nécessaires pour percevoir le Mahamudra.

Entraînements préliminaires

Dans le bouddhisme tibétain, la pratique de la méditation est présentée sous forme d’étapes (lamrim), comme l’a fait le Bouddha. Nous passons de nos concepts et points de vue limités à une vision universelle et illimitée.

La taxonomie la plus élémentaire nous indique les grandes étapes que nous franchirons en tant que praticien :

Entraînements préliminaires → Entraînement principal → Résultat

Vous remarquerez que les pratiques préliminaires précèdent les pratiques principales de méditation Mahamudra. Elles sont au nombre de quatre : le refuge, la bodhichitta, Vajrasattva et le guru yoga.

Même si l’on pourrait croire que nous ne pratiquons ces exercices que pendant quelques semaines ou quelques mois avant de passer aux principaux, j’ai constaté qu’ils s’intègrent naturellement à votre vie spirituelle lorsque vous êtes véritablement déterminé à atteindre l’illumination et à mettre vos prises de conscience au service d’objectifs positifs.

Cela dit, si vous souhaitez vous engager sérieusement sur la voie du Mahamudra, je vous recommande de pratiquer ces exercices pendant quelques semaines avant de vous lancer dans les pratiques principales.

Je n’entre pas ici dans les détails ; si vous souhaitez obtenir des instructions complètes, je vous invite à consulter le livre de Lama Yeshe ou à suivre les liens que j’ai disséminés tout au long du texte.

Pratique préliminaire n° 1 : Prendre refuge

Je considère cela à la fois comme un engagement ponctuel et comme une pratique régulière.

Ici, nous nous réfugions dans le Bouddha, le Sangha et le Dharma. Cela signifie que nous leur accordons la priorité par rapport à d’autres points de vue et aspirations, et que nous prenons la résolution d’y revenir lorsque nous les oublions. Dès l’instant où nous prenons cet engagement, nous nous consacrons à la purification spirituelle et au Bouddhadharma.

Nous mettons ensuite cet engagement en pratique dans notre vie quotidienne. Nous renonçons aux plaisirs éphémères et passagers. Nous essayons de prendre conscience de notre esprit avide. Nous nous tournons vers notre for intérieur pour identifier les forces qui nous éloignent de notre chemin spirituel, et nous nous efforçons, autant que possible, de ne pas céder à ces pulsions.

Pratique n° 2 : la bodhichitta

Le terme « bodhichitta » vient du sanskrit et est souvent traduit par « attitude éclairée ».

Dans la bodhichitta, nous définissons le but et la destination de notre chemin spirituel – l’éveil – et nous le gardons bien présent à l’esprit. Encore une fois, je pense que nous devons le faire sans cesse. Nous l’oublierons souvent.

L’autre aspect de la bodhichitta consiste à définir la raison d’être de notre éveil, ce qui, en fin de compte, revient au service.

On peut s’engager sur cette voie pour de nombreuses raisons… mais si on persévère, c’est finalement vers [le service] qu’on aboutit.

Shinzen Young, extrait d’une conférence donnée en janvier 2009

Nous pratiquons la bodhichitta en suscitant cette compassion dès le début, en semant une graine qui germera, fleurira et s’épanouira au fil des mois et des années. Pour ce faire, nous « nous ouvrons largement aux autres », comme le dit Lama Yeshe. Nous voyons les autres, à la fois dans toute leur plénitude et dans leur souffrance, et nous ouvrons notre cœur, mais sans tomber dans un déséquilibre ni dans une émotion excessive. Cela élargit notre conscience et constitue en soi un aperçu de l’éveil.

Pratique n° 3 : Vajrasattva, la pratique de purification

Vajrasattva est une manifestation de tous les bouddhas, mais il incarne tout particulièrement l’énergie de la pureté absolue. Ici, nous récitons le mantra de Vajrasattva à cent syllabes tout en le visualisant. Les quatre traditions tibétaines ont recours à cette pratique, qui est particulièrement efficace pour percer à jour l’esprit dualiste habituel et aller au-delà.

Pratique n° 4 : Guru Yoga

Il s’agit d’une pratique de visualisation plus approfondie, dont l’objectif est d’unifier notre conscience avec celle du Bouddha. Là encore, Lama Yeshe en détaille les étapes dans son livre.

Se préparer à la méditation Mahamudra

Maintenant que nous avons abordé les pratiques préliminaires, il est temps de nous intéresser aux principales. Tout d’abord, nous allons parler des sept points de posture et de la respiration en neuf cycles, qui nous aident à préparer nos séances de méditation.

Les sept principes de la posture

Contrairement au Dzogchen, sa pratique sœur, le Mahamudra donne des instructions précises sur la posture. Suivez les sept points relatifs à la posture pour vous asseoir confortablement et maintenir une posture pendant de longues périodes.

  • Asseyez-vous sur un siège confortable, le dos légèrement redressé.
  • Il est préférable de s’asseoir en position du lotus complet, mais si ce n’est pas possible, ce n’est pas grave.
  • Le corps est droit, la tête légèrement penchée vers l’avant, les yeux mi-clos et le regard vague, dirigé vers le bout du nez. Il est possible de fermer les yeux si cela s’avère trop difficile.
  • Placez la langue contre le palais, juste derrière les dents de devant, la mâchoire inférieure détendue,
  • Les épaules bien droites,
  • Les mains posées sur les genoux, formant un mudra de concentration : la main droite sur la gauche, les pouces se touchant pour former un triangle,
  • Le torse est légèrement tendu, tandis que le reste du corps est naturel et détendu.

Si vous souhaitez découvrir d’autres idées, je vous invite à consulter mon article sur la manière de s’asseoir correctement pour méditer.

Respiration en neuf phases

La respiration en neuf phases n’est pas une pratique de méditation, mais elle nous aide à aborder la méditation dans le bon état d’esprit. Prenez quelques minutes pour la pratiquer avant de passer à la partie principale.

Il y a trois cycles, chacun comprenant trois inspirations et trois expirations, soit neuf cycles respiratoires au total.

Au cours du premier cycle, nous avons :

  • Inspirez par la narine droite, en bouchant la narine gauche avec le dos de l’index. Ce faisant, imaginez que vous inspirez une énergie pure et bienfaisante.
  • Nous expirons par la narine gauche, en bouchant la narine droite avec le doigt. Nous imaginons expirer l’énergie de nos désirs impurs.
  • On répète cela trois fois.

Au cours du deuxième cycle, on change de narine (on inspire par la gauche et on expire par la droite). On continue à imaginer qu’on inspire une énergie pure et bienfaisante, mais cette fois-ci, on imagine qu’on expire l’énergie de notre colère.

Au cours du troisième cycle, nous inspirons et expirons par les deux narines, en imaginant que nous expirons l’énergie de l’ignorance.

Principales pratiques de méditation du Mahamudra

Comme je l’ai déjà mentionné, la pratique du Mahamudra repose sur le shamatha (concentration) et le vipashyana (vision pénétrante, clarté). Dans la première méditation principale du Mahamudra, nous développons le premier.

Méditation Mahamudra 1 : Shamatha ou Samadhi par la pénétration de la pensée

Nous avons tendance à suivre tout ce qui surgit dans notre conscience, en particulier les pensées, et c’est là l’un des principaux obstacles qui nous empêchent de reconnaître notre esprit pur et clair par nature. Dans cette pratique, nous cultivons l’habitude inverse en travaillant directement sur les pensées.

Après avoir respecté les sept principes de posture et pratiqué la respiration en neuf cycles, procédez comme suit :

  • Laissez vos pensées aller et venir d’elles-mêmes, telles qu’elles sont,
  • Lorsque vous remarquez une pensée, qu’elle soit mentale ou auditive, concentrez-vous dessus, percevez-la aussi clairement que possible,
  • Comprendre sa nature profonde,
  • Regarde-le jusqu’à ce qu’il disparaisse.
  • Répétez ce mouvement tout au long de votre séance.

Il est essentiel que vous vous libériez de vos peurs et de vos attentes, même des états positifs. Contentez-vous de pratiquer et d’apprendre à observer vos pensées sans les suivre. L’esprit est une lumière claire ; telle est sa nature innée, et nous n’avons pas besoin de le « nettoyer » ! Contentez-vous d’observer vos pensées : soyez comme la lumière du soleil qui brille à travers elles.

Comme le recommande le Panchen Lama,

Considérez comme un mouvement toutes les pensées conceptuelles qui surgissent et, sans les bloquer, concentrez-vous sur leur nature.

Panchen-Lama

Je recommande de trouver un équilibre entre la facilité et l’effort, et de « se défaire de l’habitude d’en faire trop », comme le dit mon maître de Dzogchen. Même si vous faites l’expérience de la nature pure et limpide de la conscience, gardez votre concentration détendue. N’en faites pas trop.

Lama Yeshe nous propose une métaphore pour comprendre la vacuité et la vacuité de notre esprit. Il dit que la conscience est comme le soleil, l’air, l’océan et la pleine lune :

Soleil : toute la lumière provient du soleil ; toutes les pensées proviennent de notre esprit.
L’espace : quand il pleut, l’espace est perturbé, mais la pluie fait toujours partie de l’espace ; quand des pensées surgissent, elles nous perturbent, mais leur nature reste la vacuité.
L’océan : les vagues se manifestent à partir de l’océan, il y a une certaine turbulence en surface, puis elles retombent dans l’océan.
La pleine lune : la lune brille quoi qu’il arrive sur Terre. La conscience pure demeure quelle que soit notre activité mentale.

Avec de la persévérance et de l’attention, nous découvrirons ces qualités au fil de cette méditation.

Méditation Mahamudra 2 : Introspection

Après avoir médité sur l’esprit et atteint un certain niveau de shamatha, nous pouvons désormais explorer l’ego, la manière dont il perçoit et dont il se projette sur la réalité. Cela nous apportera une compréhension particulière et nous mènera au mahamudra.

Pour faire l’expérience du Mahamudra, nous devons détruire la conception que se fait l’ego de nous-mêmes, cette image idéalisée et illusoire, cette vision figée selon laquelle « c’est moi ».

Lama Thubten Yeshe

Lorsque nous disposons de quelques minutes sans distraction, grâce à des pensées pénétrantes, nous pouvons commencer. Dans cet état pur, limpide, subtil et sans distraction, nous explorons le contraire de la sagesse du mahamudra : l’ego, son attachement et notre attachement inconscient à celui-ci.

Depuis cet état même d’équilibre parfait, explorez avec intelligence et une conscience subtile l’essence de la personne qui médite, à l’image d’un petit poisson qui nage dans des eaux limpides sans y provoquer la moindre perturbation.

Panchen-Lama

L’un des principes fondamentaux de la pratique bouddhiste est que notre véritable moi est vide. Alors, quelle est donc cette illusion du « moi » que nous nous sommes forgée ? Il s’avère qu’il ne s’agit que d’une notion vague, dépourvue de toute substance réelle ; pourtant, notre esprit superficiel ne cherche jamais à découvrir cette vérité.

2.1 « Watching The I »

Dans ce premier exercice d’introspection, que vous pouvez pratiquer pendant une partie de votre méditation ou pendant toute une séance, nous nous contentons d’observer notre sentiment d’identité tel qu’il est.

Essayez d’observer l’ego, ce sentiment du « moi », au fur et à mesure qu’il apparaît et disparaît dans votre conscience. Il se manifeste sous forme de bavardage mental, d’images mentales, de sensations corporelles et d’émotions, soit séparément, soit ensemble. Vous constaterez qu’il va et vient sous ces différentes formes.

Lorsque vous remarquez ces impressions, pénétrez-les, comme vous l’avez fait avec vos pensées.

Lama Tsongkhapa dit qu’une fois que nous avons identifié la fausse conception du « moi », il ne faudra qu’une minute, voire une seconde, pour découvrir sa vacuité. Restez vigilant, car elle apparaîtra et, d’un seul coup, vous vous y perdrez. Vous devez être prêt !

Ta sagesse analytique subtile, ton « poisson de la pleine conscience », observe attentivement, prête à saisir la manière dont l’esprit-ego perçoit le « je » qui existe en soi et à simuler la compréhension du « je » qui n’existe pas en soi.

Lama Thubten Yeshe

2.2 À la recherche du « je »

À présent, au lieu d’observer le « moi » au gré de ses allées et venues, nous partons à sa recherche dans les cinq agrégats. En fait, je vous suggère d’utiliser la taxonomie de Shinzen Young (« Voir à l’intérieur », « Voir à l’extérieur », « Entendre à l’intérieur », « Entendre à l’extérieur », « Ressentir à l’intérieur », « Ressentir à l’extérieur ») pour rechercher le « moi ». Se trouve-t-il dans les images mentales ? Dans le dialogue intérieur ? Mes émotions ? Mon corps physique ? Vous pourriez passer en revue les six catégories les unes après les autres.

Observe simplement, sans perturber cette clarté. Où es-tu, toi-même ? Où es-tu ?

Si vous trouvez quelque chose, quelle que soit la catégorie dans laquelle cela s’inscrit, allez au fond de sa nature profonde. Demandez-vous si c’est vraiment vous. Vous verrez que ce n’est pas le cas.

Continuez jusqu’à ce que vous réalisiez véritablement que vous ne pouvez pas cerner ce « moi » et que vous compreniez qu’il s’agit d’une sorte d’hologramme ou d’illusion d’optique. Ne me croyez pas, ni le Lama Yeshe, ni le Panchen Lama. Constatez-le par vous-même, jusqu’à ce que vous soyez convaincu qu’il est introuvable.

Mais observer l’émergence et la disparition du moi, et prendre conscience qu’il n’appartient pas à ces six catégories, ce n’est pas la même chose que la réalisation de la vacuité.

Ces expériences sont positives. Mais tu n’as pas encore identifié l’énergie nucléaire de l’ego, ce « je » qui s’estime exister par lui-même, qui n’existe pas mais qui est à l’origine de tous les problèmes.

Lama Thubten Yeshe

2.3 Pénétrer le « I-Sense » inné

Ce que l’ego-mental retient réellement, c’est un « je » qui existe par lui-même. Il est intimement convaincu que quelque part, au plus profond de vous, solidement ancré en vous, au-delà du corps, au-delà de l’esprit, se trouve cette identification concrète qu’est le « moi ».

Lama Thubten Yeshe

Comme le dit Lama Yeshes, bien que nous ayons vu, dans l’exercice 2.1, que l’ego est éphémère et fugace, et que, dans l’exercice 2.2, nous n’ayons pu le trouver nulle part, notre sentiment d’être véritable est plus subtil que cela. Vous croyez sincèrement qu’il existe au-delà des cinq agrégats ou des six catégories d’expérience sensorielle.

Ce sentiment est si intrinsèque, si habituel, si profondément ancré. Il soutient sans cesse ce « je ».

Essaie d’identifier ce « je » dont tu es absolument convaincu qu’il existe quelque part. Il te semble solide, objectif, détaché. Quand tu penseras l’avoir trouvé, pénètre-le, et il disparaîtra.

Chaque fois que vous faites l’expérience de la non-existence de votre « moi », vous faites l’expérience du vide. Vous entrez en contact avec le Mahamudra.

La perception de l’ego né simultanément, qui entretient une telle projection de l’ego — le concept du « je », le fantasme que vous avez construit —, se dissout. Vous, le chercheur, et ce qui est recherché, vous vous dissolvez ; le sujet et l’objet se dissolvent.

Lorsque vous atteignez cette réalisation, la perception d’un « moi » qui existe par lui-même disparaît. C’est là la véritable expérience du mahamudra.

Lama Thubten Yeshe

Vous pouvez ressentir de la peur, et c’est tout à fait normal. Cela fait si longtemps que vous croyez à cette illusion.

Et même si vous avez pris conscience de la non-existence de l’ego et du vide du vrai soi, ces pratiques peuvent s’étendre sur toute une vie. Nous avons tellement l’habitude de créer quelque chose à partir de rien – de façonner un ego à partir d’impressions sensorielles – que nous devons pratiquer le contraire pendant longtemps jusqu’à ce que nous habitions véritablement notre vrai soi vide.

Vous pouvez mettre en pratique chacune de ces techniques au fil de votre journée. Surtout lorsque vous êtes en proie à des émotions, qui ont tendance à exacerber notre perception de nous-mêmes. Cela vous permettra d’approfondir et de consolider votre réflexion.

Méditation Mahamudra 3 : La vacuité de tous les phénomènes

Le Mahamudra décrit la réalité de tous les phénomènes existants, et pas seulement celle du « moi », à l’instar des enseignements originels du Bouddha. Une fois que nous avons fait l’expérience de la vacuité de notre propre être, nous l’étendons à tous les phénomènes des cinq agrégats. 

Après avoir vécu à plusieurs reprises l’expérience du Mahamudra par la pénétration de la pensée et l’introspection, examinez la nature de toute expérience au sein des cinq agrégats, et vous comprendrez comment elle existe réellement. Ne vous attachez pas à leur apparence : pénétrez leur nature, et vous réaliserez qu’ils sont essentiellement vides. De cette manière, ils font tous partie d’une seule et même essence.

Une fois que nous avons atteint cette prise de conscience [du « moi » vide], il est facile de percevoir la réalité de tout le reste. Après avoir découvert la non-dualité de notre propre « moi », nous découvrirons la non-dualité de l’univers tout entier.

Lama Thubten Yeshe

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